La lampe de Chevet

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 Jacques Grieu

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Machin
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MessageSujet: Jacques Grieu   Ven 22 Oct - 19:22

Je reçois régulièrement un poème de Jacques Grieu sans savoir comment il est arrivé dans ma boîte mail. Je le trouve excellent mais je ne suis pas bon juge.
Chaque poème est accompagné d'un préambule.

j'ai peur ...‏

De : Jacques Grieu (jgrieu2@gmail.com) au nom de Jacques Grieu (j.grieu@laposte.net)


Télécharger ALOIS2.do...rtf (43,2 Ko) (le poème est là-dedans)


Je n'aime pas les cliniques. Et même je les abhorre.
Je fais donc mille détours pour n'en pas voir l'abord;
Et quand j'y dois entrer, c'est à l'envers alors,
Que cette astuce subtile me fait croire que j'en sors.

Jacques Grieu

Au cas où !
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Camylène
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Ven 22 Oct - 23:03

Question Question Question scratch
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Machin
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Ven 22 Oct - 23:17

Je ne comprends pas les signes, autres que ceux-ci, pour vous écrire !

Je ne sais pas si j'ai droit de vous adresser les longs poèmes que j'ai reçu mais sur internet je suppose qu'il a un site sur lequel il les expose.

Je vais tenter de vous en adresser un.
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Machin
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Ven 22 Oct - 23:22

Voilà, j'espère que je ne suis pas hors la loi !


Aloïs



Hier soir chez Etienne, on a bu du bordeaux
Un médoc si fameux, qu’on ne voulu pas d’eau
Ce qui fait que cette nuit, en très grand philosophe
J’ai vu que d’un génie, j’avais sans doute l’étoffe.
J’ai critiqué Rousseau, j’ai encensé Voltaire
Les théories d’Hegel, je les ai toutes fait taire.
En rêvant d’Aristote, de Kant, de Kierkegaard
Mon attention extrême que je craignais faiblarde,
Fût en réalité d’une telle acuité,
Que jamais ne connus pareille lucidité.

C’est donc dès ce matin qu’une grave question m’obsède.
Elle m’oppresse, elle me nuit, elle me tue, elle m’excède.
C’était, j’en suis certain, une question magnifique,
Un de ces grands problèmes de pure métaphysique,
Qui vous transporte l’âme vers des hauteurs sublimes
En poussant votre esprit à ses sursauts ultimes.
Mais voilà, ma mémoire n’a pu suivre la cadence;
Et j’ai beau la fouiller, elle avoue sa carence.
Je ne l’y trouve plus : ma question est partie.
J’ai beau me concentrer : est-ce la bonne stratégie?
Et pourtant, elle est là, sur le bout de ma langue,
Je la sens bien vivante, elle est loin d’être exsangue.
Sur le bout de ma langue, et ça me gêne un peu,
Ça devient encombré, c’est parfois sauve-qui-peut.
Car depuis quelques mois, c’est de trop de questions,
Qu’elle me paraît chargée, pleine d’interrogations.
Mais ça va revenir, tout ça est passager,
Je ne suis pas inquiet, ne suis pas affligé.
De mon puissant cerveau, quelques neurones sans doute,
Se seront échappées. Ce n’est pas la déroute !
Ou deux ou trois synapses, pas très bien réveillées,
Après cette nuit d’agapes, encore toutes barbouillées,
N’ont pu se connecter, passèrent en court-circuit ?
Encore quelques minutes et ce hiatus fortuit,
Aux augures malveillants rabattra leur caquet !
Je ne suis pas inquiet, pas inquiet, pas inquiet.

Le grand Victor l’a dit, ces choses-là sont rudes;
Il faut pour les comprendre, avoir fait des études.
Et comme précisément des études, j’en ai faites,
Ma question va surgir de son obscure retraite.
Ma mémoire est intacte, n’en faisons pas un drame !
Pourquoi pas d’Aloïs brandir l’effet infâme,
Pendant que vous y êtes ! Et pourquoi pas gâteux,
Dans un tel scénario, diraient des facétieux ?
Il faut raison garder, redevenir sérieux,
Faire taire les alarmes pour se souvenir mieux.
J’ai perdu mon sang-froid quand tout-à-l’heure j’ai eu
A Aloïs, c’est vrai, cette allusion indue.
A mouvement de panique, ce fut réponse idiote.
Recherches et réflexion sont meilleures antidotes.
Loin de moi des idées de telles pathologies
Qui font qu’on oublie tout en tristes amnésies.
Pourtant j’ai un souci, quand j’évoque ce sur-homme :
J’ai oublié son nom ! Il faut que je le nomme
Du prénom d’Aloïs que seulement ma mémoire,
Veut bien me resservir comme une farce vexatoire !
Ce champion de l’oubli, je ne peux l’oublier !
Je sais qu’incessamment il va me réveiller.
Je ne connais que lui ! Voilà qui est trop fort !
Mais je sens que ça vient, qu’aucun souvenir n’est mort.
Sur le bout de ma langue, à nouveau ça chatouille,
Je sonde, j’essaie encore, mais en ressort bredouille.
Car de son patronyme que ma mémoire mendie,
Ce savant baptisa sa lente maladie.

Alors pour m’en rappeler, mon esprit rationnel,
Tente tous les moyens qui traversent ma cervelle :
La maladie de James, c’est celle de Parkinson !
Alors pour AloÏs ??? Dites-moi comment ça sonne !
Avec sans doute des Z, et peut être des H ?
Le nom d’un étranger, des syllabes qui arrachent ?
Soudain en un éclair, je vois beaucoup plus clair :
Ça y est, j’en suis sûr, ça se termine en « er »
Et comme je suis golfeur, je pense à Leadbetter.
Peut être camembert, ou chester ou munster ?
Mais avec leurs odeurs, je m’en serais souvenu.
Sûrement pas Lucifer, ce serait mal venu.
Ni Hitler ni Himler ? Ou alors Chichester ?
Moi qui suis mélomane : Wagner ou bien Mahler ?

Et si c’était comme ça que le mal débutait ?
Et si sournoisement, l’Aloïs me guettait ?
Car c’est une atrophie cérébrale et diffuse,
Comme disent savamment ceux dont la mémoire fuse.
Déjà on me signale que parmi les syndromes,
Il y aurait l’oubli, l’oubli de ce qu’on nomme.
Ou encore des erreurs sur l’emplacement des choses …
Moi qui distraitement, mes lunettes dépose
Dans la boîte à cirage ! Ou laisse mes chaussons
Parfois dans le frigo, ou sur le paillasson ...
Et quand d’acheter le pain, j’oublie la commission,
C’est du nom que je cherche que ma femme fait mention !
Autre syndrome décrit, ce sont les « sautes d’humeur »
Alors moi, l’émotif, l’hypersensible, j’ai peur.
Car c’est toutes les heures que je ris ou bien geins,
Selon mes souvenirs plus ou moins importuns,
Selon mes déconvenues, mes succès, mes fiascos,
Au golf ou au tennis, aux échecs, au boulot.
Est-ce grave docteur-ma-femme ? Est-ce bien une Aloïs ?
Il n’y a pourtant là aucun vilain indice,
Et ces petites erreurs ne sont que peccadilles !
Résider dans la lune n’est pour moi qu’une vétille :
Si je suis étourdi, je l’ai toujours été,
Et brandir l’Aloïs est pure méchanceté.
Je reprends ma recherche en toute sérénité,
Explorant ma mémoire avec sagacité :
Corbière ? Ou Sylvaner ? Peut être Gewurtztram …
Ça y est ! Je le tiens ! Le vin est un sésame !
Je le savais, pardi ! Dès qu’on pense chopine,
On ouvre toutes les portes y compris en médecine.
Alzheimer mon grand homme ! C’est comme ça qu’il se nomme !
De cette grave maladie, c’est l’inventeur, en somme.
Peut être l’a-t-il brevetée pour ne pas qu'on lui pique
Une telle création si hautement scientifique ?

En tout cas, je respire, ma voilà rassuré.
Je ne suis pas atteint, c’est un fait avéré.
Ma mémoire d’éléphant est le bon démenti
A toutes ces rumeurs, à tous ces chuchotis.
Vous en êtes bien témoins, pour le dire à ma femme :
Je l’ai trouvé tout seul, et ça, je le proclame.
Mais une pensée m’obsède à propos d’Alzheimer
Ce génie magnifique aux travaux si amers :
Ce chantre de l’oubli, de quoi est-il donc mort ?
Le hasard a-t-il fait que par un coup du sort,
Poussant loin l’humour noir en un trait de malice
Sa belle tête chenue ait fait une Aloïs ?
Alzheimer vers sa fin, emporté par lui-même !
Le grand génie tué par son trop beau système !
Sans le savoir, bien sûr, puisque précisément,
L’ignorance de ce mal est son propre châtiment !
Mourir d’une Alzheimer, il faut être lucide,
Pour le grand Aloïs, cela tient du suicide.
Et pourtant, quelle belle mort ! Et que moi j’ai envie,
D’écrire un dernier vers tout en perdant la vie …

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Jacques Grieu
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Sam 23 Oct - 9:50

Grandiose !!!!! cheers

Merci de ce partage Fayec.

Quant aux émoticones que Camylène t'a envoyé comme réponse précédemment, il te suffit de laisser parler ton imagination pour en comprendre le sens. Ce ne sont après tout que des dessins bien faciles à interpréter.

Et puis, va savoir si ces petites représentations ne sont pas l'alphabet des temps futurs ? Après tout, notre A actuel n'est rien d'autre qu'une tête de bovin bien dessinée à l'origine. Laughing (tu vois, là, ça veut dire que je ris !).

Il n'y a pas d'âge pour apprendre, tu verras, si tu t'y mets, ce n'est pas très compliqué.


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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Sam 23 Oct - 11:39

affraid No Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Sam 23 Oct - 11:44

Maintenant que je sais parler l'Emonticone je ne suis plus classable parmi les Amateurs ?
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Sam 23 Oct - 19:39

Va savoir ?!!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Sam 23 Oct - 19:47

Effectivement, là ça tient de l'énigme ! Je ne suis toujours pas bon en Emoticone Wink pale Shocked
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MessageSujet: Toujours Jacques Grieu   Mar 2 Nov - 15:06

Que pensez-vous de ça?

« Ennuyances »

IN PETTO




L’ennui naquit un jour de l’uniforme ôté,
A dit, tout dépité, un civil fagoté.
Etait-ce un général, tout juste retraité ?
Ou bien un adjudant, beau Don Juan destitué ?
Un polytechnicien terminant ses études ?
Un cosmonaute grisé, de retour d’altitude ?
Un facteur limogé pour avoir peur des chiens ?
Ou une hôtesse de l’air en rejoignant les siens ?
Pourquoi pas un forçat évadé de Cayenne,
Nostalgique des rayures dans la vie quotidienne !

Cette pensée profonde, en tout cas m’a frappé,
Perturbant d’insomnies mes nuits handicapées.
Car qu’est-ce donc que l’ennui ??? Cette benoîte question
Est beaucoup plus subtile que ne pense … tartempion :
Une petite dépression ? L’acédie des vieux moines ?
Celle dont parle Saint Jérôme et aussi Saint Antoine ?
Je n’osais pas penser qu’un curé défroqué,
Las de sa solitude ainsi l’ait évoquée.
Pourquoi faire les chapelets, sinon tromper l’ennui,
S’énervent les bigotes pour mieux penser à LUI.

Lorsque j’étais enfant souvent, je m’ennuyais
Mais c’est là, méditant, quand mes neurones pensaient,
Qu’elles m’ont fait devenir celui que je crois être,
Me forgeant quelques bases que ma tête sut admettre.
Le doux ennui, pour moi, fait rêver, voyager,
Créer, imaginer, mûrir ou rédiger.
Les gamins d’aujourd’hui ne savent plus s’ennuyer.
On le leur interdit ; non pas pour travailler,
Mais pour jouer, jouer à tout, jouer à n’importe quoi,
Aux jeux bien compliqués dont l’époque est la proie.
Distractions, distractions ! C’est là le maître-mot,
Qui nous distraient bien moins que le moindre des maux.


L’ennui a ses ennemis, surtout des catholiques.
Car la mélancolie, pour eux est satanique.
Son siège est dans la rate, c’est le spleen des Anglais,
Tous des atrabilaires, des pisse-froids, on le sait.
L’ennui : c’est la bile noire, une liqueur poétique,
Substance ambivalente maléfique-bénéfique.
S’ennuyer comme rat mort serait vice diabolique.
Moi, c’étaient les récrés que j’aimais, romantiques :
Là, on peut s’ennuyer, tout seul ou à plusieurs,
On peut changer d’ennui en changeant de raseurs.
Mais si j’embête quelqu’un, là, je ne m’ennuie plus,
Et celui que j’embête, son ennui est exclu.

Dieu, nous a-t-on dit, fit l’homme à son image.
IL aime donc s’ennuyer, c’en est le témoignage
Voyez les animaux, ceux qui restent sauvages :
L’ennui, ils n’ont pas pu. Sauf si on les encage,
Lorsque la main de l’homme leur amène ses ravages.
L’ennui est bien divin, c’en est ici le gage.
Le félin à l’affût, le serpent immobile,
Le chien humant les pistes, ne se font pas de bile !
Ceux du zoo, en revanche, se barbent, se rasent, dépriment,
Sombrent dans la tristesse, l’anxiété qui s’envenime.
Le bourdon les terrasse, l’ennui les a minés,
Le vague-à-l’âme de l’homme, les a contaminés.

Pour pouvoir s’ennuyer, il faut avoir du temps.
Et du temps, trop pressés, on n’en a plus autant.
Pour le brave SDF , mendiant dans le métro,
Il n’y a pas ennui : manger est son credo.
S’ennuyer est un luxe, un privilège de riche
Il n’en trouve pas le temps, dont sa misère est chiche.
L’ennui est singulier : son pluriel le détruit,
Puisque, en simultané, trop d’ennuis tuent l’ennui.
L’ennui doit être libre pour être supportable,
Volontaire, consenti. Pas celui des cartables,
Des prisons, des exils, des ghettos, des pensions .
Ni même des temples modernes de la consommation.

Avez-vous déjà ouï le bruit des souvenirs ?
Celui, frêle et feutré que l’ennui fait surgir ?
Les sanglots longs, des vieilles leçons, que moi, j’anone,
Bercent mon cœur d’une langueur, qui s’abandonne …
Je tends à me rouler, me vautrer dans l’ennui,
Mais ne m’ennuie jamais, si pourtant, tout m’ennuie !
C’est une contradiction ? C’est que l’ennui fait peur !
Peur d’une louche contagion de cet enquiquineur.
Pour moi, la réflexion est fille de l’inaction;
Mais cette oisiveté n’est pas la dépression.
Certains, en tuant le temps, se sentent des assassins ;
Craindraient-ils leurs souvenirs, trop pleins de noirs instincts ?

Le droit à s’ennuyer, moi, je le revendique.
Donner du temps au temps, de grands sages nous l’indiquent
On dit même que l’un d’eux, qui nous fut Président
Imposant son Temps Libre , fort abracadabrant
Aurait encouragé paresses et chômages …
Le chômage, justement, c’est l’ennui qui ravage.
Celui-là est à fuir ; il inquiète, il outrage,
A cent lieues de l’ennui qui peut rendre plus sage.
C’est l’ennui malséant, celui qui fait bailler
Lui aussi contagieux. Et qui fait s’ennuyer !

Le rire, ont dit certains, est le propre de l’homme.
Ne serait-ce pas l’ennui , son vrai vade-mecum ?
D’ailleurs, le sot robot, qui ne sait s’ennuyer,
Ignore le vague-à-l’âme ; donc ne sait pas penser.
Et s’ennuie-t-on vraiment avec ceux qu’on ennuie ?
Il y a des vicieux que l’exercice séduit …
Ennuyons-nous souvent, c’est le plaisir des Dieux !
Loin des spleens, des bourdons, des cafards pernicieux.
Combattons l’acédie, l’anxiété maléfique,
Les raseurs, les soucis, la tristesse fatidique,
L’adoration béate de l’immédiateté !
Adorons la rêverie jusqu’à satiété !

Comment le définir, cet ennui que je choie ?
Et si c’est l’art de vivre ? L’art de vivre avec soi ?

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Jacques Grieu

J'aime moins que le précédent mais c'est une perf ! Surprised
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Mer 3 Nov - 14:14

Alors là, j'agrée totalement !!!

J'adore ! J'aime le style, les alexandrins, le thème, les idées, tout, j'aime tout !!!

De la très grande poésie, à mon goût !
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Mer 3 Nov - 17:20

Bonjour Corynn,

A compter de cet instant je dirai que nous avons au moins un goût commun Wink
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Corynn
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Jeu 4 Nov - 20:10

Tout à fait ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Jeu 4 Nov - 20:23

Bonsoir Corynn, (pourquoi pas Corinne ?)

Je viens de recevoir une friandise de plus, de Jacques Grieu.

Comme je ne voudrais pas vous gâter, je vous l'adresserai dans quelque jours.

Trop de plaisirs répétés gâches le plaisir ! Wink sunny Very Happy

Cette personne semble écrire en vers comme un journaliste à la ligne.

Bonne soirée
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Ven 5 Nov - 14:07

Tant mieux ! Nous attendrons donc !
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Ven 5 Nov - 21:01

Bonsoir,

JAMES


Hier au club d’échec, lors d’un raid solitaire,
Mon fou blanc prit une tour à mon cher adversaire.
Cette ouverture était d’une telle fulgurance,
Que je ne manquai pas d’en noter les séquences.
C’était un de ces jours où transpire le génie,
Où mon intelligence me paraît infinie.
Etienne, en face, me dit : mais tu as la tremblote !
Es-tu transis de froid que ta main droite grelotte ?
Etienne est un ami, un vrai. Mais susceptible.
Et voilà bien trente ans qu’il devient irascible,
Dès que sur l’échiquier, par dépit perceptible,
On le bat, il se vexe et devient impossible.
C’est donc sur ce compte-là que je mis cette parole,
Que de la part d’Etienne, je trouvais bien fofolle.

Pourtant quand hier soir, je me mis à écrire
Un chèque au percepteur, je fus bien loin de rire :
Pas de doute, sur les lignes, toutes tes lettres gigotent,
Et dans les cases idoines tes pauvres chiffres flottent,
Me dis-je, fort inquiet. Est-ce le destinataire
Qui te fait cet effet ? Ou ce chiffre cédulaire ?
Hélas, ce n’étaient-là qu’excuses bien trop faciles !
Des chèques pour le Trésor j’en ai fait plus de mille
Et n’ai jamais tremblé, si j’ai toujours pesté.
Alors, cherchons pourquoi ma main a protesté :
Pour avoir la réponse, lever cette hypothèque,
J’ai voulu à moi-même, me faire un très gros chèque.
Résultat : négatif. Malgré le réconfort
De ce présent grandiose, je tremble tout aussi fort !
C’est donc, à l’évidence, que je sucre bien les fraises;
Peut être les cerises ; ce ne sont pas foutaises !
Et le Trésor Public qui souvent a bon dos,
Devra être blanchi de ce vilain fardeau.
Etienne n’avait pas tort, il faut que je raisonne,
Et bien voir que peut être j’étrenne une Parkinson.
D’ailleurs pour m’habiller et mettre mon pantalon,
Mes boutons récalcitrent, je termine furibond,
Jurant dès cet instant de le vendre à l’encan
Pour m’acheter une braguette fermant en un instant.

Dans l’Encyclopédie, Parkinson s’appelle James.
Et montre une telle prestance qu’immédiatement on l’aime.
Une belle tête à moustache typique du dix-neuvième,
Et un regard bien franc d’une noblesse extrême.
C’est donc lui le premier qui brandit l’anathème
Contre les tremblotants et leurs sérieux problèmes …
J’appris tout sur ce mal ; sur son ralentissement,
Sur sa rigidité, sur tous ses repliements,
Sur son akinésie qu’on dit alternative
Qui vous annoncent trop vite que le gâtisme arrive.

Vous l’aurez remarqué, rien n’échappe à ma femme.
D’ailleurs, chacun le sait puisqu’elle-même le proclame !
Surtout de mes défauts comme de mes petites tares.
Ça c’est moi qui le dit : ce n’est pas par hasard,
C’est elle qui me signale comme un syndrome typique,
Et là c’est médisance, je m’indigne, je réplique,
Celui peu réjouissant des petits pas traînants.
Bien sûr que le matin, me levant plein d’allant,
Mes chaussons traînent un peu sur le trajet des douches :
Mais parce que trop petits, je les porte en babouches !
Un autre cas clinique, c’est la mâchoire qui tremble :
Mais ne voyez rien là qui de loin me ressemble :
J’ai toujours pris grand soin qu’une bonne mastication
Me protège et m’assure une bonne digestion.
On me fatigue aussi pour ma voix chevrotante :
Ce sont comparaisons qui paraissent bien tentantes,
A certains bons messieurs qui jaloux de ma forme,
Ne rêvent que de me voir réintégrer leur norme.
Moi, un parkinsonnien ! Vous riez, vous vous moquez !
Un pilier d’Eurosport, c’est moi dont vous parlez ?
Au stade Roland Garros j’ai usé mes culottes,
Et je prédis d’avance les meilleurs passing-shots !

Voyez comme les réputations légèrement se font
Et vous classent un peu vite comme un sénile croûton.
Déjà ma femme me cherche la meilleure RPA,
Une médicalisée qui me garde même gaga,
Afin jusqu’au trépas d’éviter l’hôpital;
Ce qui, disent ces dames, est problème capital.
Je me bouche les oreilles, en pensant in-petto
Que cette sage précaution débute quinze ans trop tôt.
Il n’empêche, c’est gênant, quand je tiens ma fourchette
Ou encore mon verre vide, trop près de mon assiette :
Un bruit de mitrailleuse résonne sur la table,
Qui fait dire à ma femme que c’est désagréable.
Dès que ma fourche langue, on héle pocour solice
Ou le sapier pompeur ! Ils augmentent mon supplice.

C’est donc bien de la chance d’avoir à domicile,
Un regard si aigu qui vous est si utile.
Mais il ne faudrait pas, par conclusion rapide,
Me voir parkinsonnien en un jugement morbide.
J’ai lu sur Internet, c’est donc LA vérité,
Que tous ces faux mouvements peuvent être contestés.
Que mes doux tremblements peuvent n’être qu’essentiels,
En ne signalant là que présages bien véniels.
C’est une catégorie fort bénigne ma foi
Où jamais ce brave James n’a pu dicter sa loi.
Et il en est de même pour une dernière sorte
Appelée d’attitude ; ce qui me réconforte.

Parkinson, Alzheimer, arrêtons la musique !
Dès qu’on se documente, on stoppe net cette panique !
Tu trembles mon vieux James, de perdre ainsi ta proie ?
Comme ton pote Aloïs, parfois tu te fourvoies.
Le James et l’Aloïs sont-ils de connivence
Pour nous tendre leurs pièges dans toutes ces circonstances ?
Il ne m’étonnerait pas qu’ensemble les deux compères
Cherchent à ratisser large à travers leurs critères.
Je les aurais bien vus, ces deux grands rigolos,
Partir bras dessus-bras dessous pour aller au bistrot.
Et rire comme des fous si James, trop fort tremblant,
Quelques gouttes de bière sur le zinc en trinquant,
Renversait par mégarde pendant que son complice,
Reperdrait ses lunettes et comme à l’exercice,
Oublierait en partant son énorme porte-feuille.
Ils riraient en cherchant de qui ils portent le deuil !
Ces illustres cerveaux sont peut être au cimetière,
Mais leurs groupies, leurs fans, rangés sous leurs bannières,
Nous tendent leurs filets générant la psychose,
Sans que nous, bons patients, trop de griefs on n’ose.

Alors moi, j’ai agi et ai tout bien pesé :
C’est en littérature bien sûr spécialisée,
Que mon agitation, je l’ai analysée.
Ce bon James ne peut pas, par moi être accusé.
Sa science spasmodique et tout le tremblement,
Ne sont ici pour rien ; et définitivement :
Je sais pourquoi mon fou tremble sur l’échiquier,
Pourquoi mes pattes de mouche se tordent sur mon chéquier !
Au diable l’akinésie et tous ces émois vains.
Ce n’est qu’une noble crampe : c’est celle de l’écrivain.


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Jacques Grieu

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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Sam 6 Nov - 20:36

Oui, vraiment ! La plume de ce Normand-Breton est à la fois acérée, simple, rythmée. Difficile de ne pas aimer.

Merci de ce partage Fayejc.
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Dim 5 Déc - 20:33

Encore du Jacques Grieu.

Préambule.

« Comment ne suis-je pas mort ? A mon âge canonique,
Je tiens encore debout ? Il faut qu'on me l'explique ! »

Jacques Grieu
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Dim 5 Déc - 20:47

C'est peut-être un peu long. Mis bout à bout, tous ces poèmes pourraient rapprocher Grieu de Racine et des autres classiques ?!

Ce qui me démoralise, c'est de ne pas être capable d'écrire quatre alexandrins ! En prose, il m'arrive de glisser deux ou quatre courtes phrases qui riment et je suis fier du résultat.


Rescapé
SURVIVANT MIRACULÉ ?

Ce matin, au réveil, cette question drolatique :
« Comment ne suis-je pas mort ? A mon âge canonique,
Je tiens encore debout ? Il faut qu’on me l’explique ! »
Ceci n’est pas normal ! Peut-être un cas clinique ?
Pourquoi suis-je épargné, sans grosse tare organique ?
Quel est ce coup du sort ? Allons ! Pas de panique !
N’étant pas hépatique, ni même diabétique,
Anémique, diarrhéique ou bien anorexique
Pas du tout rachitique ou encore hystérique,
Je redoute une erreur, une hérésie inique,
Une incongruité sur le plan scientifique !
J’accours voir mon médecin, quelqu’un de méthodique,
Pour faire part de mes doutes, sur ce cas illogique.
Il me faut sans tarder avoir son pronostic.

« Voilà pourquoi, docteur, je viens vous déranger :
Durant quatre-vingts ans, j’ai frôlé mille dangers,
Enfreint tous les ukases pour une bonne santé
Ignoré vos confrères de toute éternité.
De vos médicaments je n’ai jamais usé ;
D’aspirine, d’arnica, je n’ai pas abusé.
J’ai ri des interdits, pris des risques pendables,
Piétiné les conseils et tenté tous les diables.
Bu beaucoup de bordeaux, fumé trop de cigares,
Bien aimé le foie gras, fait la fête souvent tard.
Inversement, la guerre m’a fait faire abstinence,
Et des rutabagas, j’ai subi les carences.
Tel un miraculé, je viens me renseigner :
Le cas est-il si grave ? Devrais-je donc me soigner ?
Alors, suis-je bien en vie ? Ou serais-je amnésique ?
Pincez-moi si je rêve ; est-ce bien pathologique ? »

Quand j’étais tout petit, j’adorais les yeux bleus …
De mon nounours en peluche. Avec un grand sérieux,
Je les lui arrachais pour pouvoir les croquer,
Comme ces bonbons sublimes vendus chez l’épicier,
Tout pleins de saccharine hautement cancérigène,
Dont j’avalais des tonnes avec une joie sereine.
Mon lit, ma table, ma chaise, d’un joli rose bonbon,
Etaient badigeonnés d’une peinture au plomb,
Qui est, comme chacun sait, un poison spécifique.
Pas moins que mon mercure, aux vertus fort toxiques
Aux cheminements fantasques impossibles à soumettre,
Récupéré en douce dans mes vieux thermomètres.
Le service militaire pendant près de trois ans,
N’est pas venu à bout de mes élans d‘antan.
Sous la neige, dans le Rif, contre les fellaghas,
J’ai eu froid, j’ai eu faim et je suis encore là !
J’ai bu d’infâmes piquettes, tant de bières frelatées,
Tant d’ersatz de café, de sodas périmés …
Alors, suis-je bien en vie ? Ou serais-je amnésique ?
Pincez-moi si je rêve ; est-ce bien pathologique ?

Comment ai-je survécu ? Sans jamais aucun casque,
Sur mon bon vieux Solex où j’ai fait tant de frasques !
Plus tard dans ma deux-chevaux aux freins pleins de mollesse
J’ignorais la ceinture, l’air-bag ou l’ABS.
Moi, d’aucun TGV, je n’ai su la vitesse !
J’ai vécu sans portable, sans tag, sans GPS !
Des faux sucres, des faux beurres j’ignore encore les plans ;
Mes fromages, mes yaourts furent tous à cent pour cent.
Le « light » m’est inconnu, ainsi que les régimes
Dont seuls ceux des bananes, pour moi, sont légitimes.
J’ai vécu sans Prozac, portable ou DVD,
En guise de MP3, un « phono » dégradé.
Pas de CRDS, ISF, CGS,
De PC, de jet-skis … Et désamianter, qu’est-ce ?
Pas de télé-alarme, de fax, de caméra.
Pas de porte blindée, de psys, ni de viagra
Et le préservatif, nous ne connaissions pas !
Pas plus que le scanner, l’IRM, l’écran plat,
Les machines à laver et les supermarchés ;
Les cartes de crédit, les vols à l’arraché …
Alors, suis-je bien en vie ? Ou serais-je amnésique ?
Pincez-moi si je rêve ; est-ce bien pathologique ?

C’est dans les cabinets, qu’à l’école, réfugié,
Je fumais mes « havanes » fabriqués en papier.
Boire l’eau du robinet, je n’en ai craint les maux.
Parfois des alcools forts, à quatre au même goulot,
Pratiquer l’auto-stop, tirs à la carabine,
Bombarder les passants, commettre mille rapines,
Griller des vers de terre avant de les manger,
Ou faire cuire les grillons en guise de déjeuner …
Jamais mes yeux n’ont eu de lunettes de soleil
Et pour les crèmes solaires, c’est tout à fait pareil.
Mes tartines de saindoux n’étaient pas « allégées »
Mes prises de courant n’étaient pas « protégées ».
Toutes ces chutes et ces bosses, debout sur mon vélo !
Toutes ces acrobaties, ces bleus sur ma moto !
C’était mon quotidien ; on me prédit la mort,
Les pires maladies et beaucoup de remords.
Alors, suis-je bien en vie ? Ou serais-je amnésique ?
Pincez-moi si je rêve ; est-ce bien pathologique ?


Quand je travaillais mal, n’était plus assidu,
J’endurais mille pensums, recopiages, retenues.
Quand je fus déprimé, jamais un psychologue,
De mes jeunes états d’âme ne dressa catalogue.
Je ne me sentais pas la victime du système,
Ni ne rendais l’Etat responsable des problèmes.
Redoubler une classe n’était pas si grand drame,
Loin d’accuser les profs de cette tare infâme.
Jamais les marches à pied, mes jambes n’ont redouté ;
Sans bus et sans taxi, elles m’ont bien transporté.
Mes semaines de travail étaient de soixante heures …
Comment ai-je pu survivre à tous ces rudes malheurs ?
Je suis un rescapé, du XX ème siècle, sauvé.
L’aurai-je échappé belle ? Mais pourquoi préservé ?
C’est donc que mes enfants vivront cent cinquante ans ,
Eux qui n’ont pas connu nos guerres et nos tourments ?
Avec leurs vidéos, leurs consoles, leurs autos
De si beaux hôpitaux, Ikéa, et Mac Do !
Avec leurs trente-cinq heures, RTT, leurs vacances,
Toutes ces allocations, assistances : quelle chance !
Et leur Principe sacré, celui de Précaution,
Pour leur Sécurité en géniale notion !
A ce train de progrès, pour mes petits enfants,
Je pressens une seule fin : l’éternité des temps !
Suis-je bien encore en vie ? Ou serais-je amnésique ?
Pincez-moi si je rêve ; est-ce bien pathologique ?

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Jacques Grieu

Les anges sont passés !
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Dim 5 Déc - 20:51

J'aime toujours autant, la justesse des idées, celle de mots, la maîtrise de l'écriture poétique.

Quant à toi, Fayejc, ce n'est pas bien grave si tu n'arrives pas à écrire 4 alexandrins. Après tout, nous avons tous nos spécialités d'écriture et c'est très bien ainsi. Toi c'est la prose, voilà tout.

Merci pour ce nouveau poème de Jacques Grieu.
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Dim 5 Déc - 21:16

La poésie, pour moi, est un art précieux, supérieur, qui demande une grande maîtrise de la langue.

J'ai osé, un jour, écrire un poème à ma mère... quel galimatias !
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Lun 6 Déc - 12:34

Toute forme d'écriture littéraire demande une belle maîtrise de la langue. Disons, pour la poésie classique, qu'en plus de la maîtrise de la langue, elle exige une rigueur mathématique. Enfin, c'est mon opinion toute personnelle.

C'est tout un art de bien écrire, quelle que soit sa spécialité. Si certains sont à l'aise avec la poésie, ils ne le seront pas forcément avec le roman et ceux à l'aise avec le roman, pas avec la nouvelle. Quant au nouvelliste, il ne sera pas forcément poète. Je ne pense pas qu'il y ait des formes d'écrit supérieures aux autres. Certaines spécialités nous sont plus faciles, ou alors nous y avons plus de plaisir, c'est tout.

Et puis, il y a aussi des gens qui se disent "auteur" mais qui ne le seront jamais, parce qu'ils ne sont pas doués pour ça, même s'ils prennent un grand plaisir à écrire. Dans ces cas-là, je dis : pourquoi pas ?
Après tout, rien ne nous oblige à les lire, et eux n'ont que du bonheur à griffonner quelques mots. Comme le dit la sagesse populaire : il n'y a pas de mal à se faire du bien !

Pour en revenir sur ton poème confus que tu as écrit pour ta maman, si tu as eu du plaisir à l'écrire et à lui offrir, et si elle a eu du plaisir à le recevoir et à le lire (et le relire), où est le problème ? Qui s'en fiche que ce ne soit pas un summum de perfection.
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Lun 6 Déc - 14:02

C'est ben vrrrai, ça ! Very Happy
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claudy
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Lun 6 Déc - 23:33

Ben ! on dirait " tante Marie " du " Loiret " qui parle ! s'est y qu'elle est revenue ? Laughing
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Camylène
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MessageSujet: Re: Jacques Grieu   Mar 7 Déc - 0:18

Ah bon ? Elle s'appelait Marie ?
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