La lampe de Chevet

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 Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres

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perle anne
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MessageSujet: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mar 3 Aoû - 11:50

& C H A P I T R E






Contrairement à son frère Luc, Romaric ne tenait pas son charme dans sa beauté physique. Il était également grand mais avec des traits épais, des petits yeux bruns et un nez camus. Il n’était âgé que de 38 ans. Pourtant, ses cheveux bruns étaient déjà bien parsemés de filets d’argent et des petites rides se dessinaient aux coins de ses yeux, ce qui, étonnamment, lui conférait un grand pouvoir de séduction qu’il n’avait pas connu dans sa jeunesse. Une injustice de la nature en somme, les reflets gris et les rides embellissent certains visages mais en enlaidissent lamentablement d’autres. En matière de rides, il y en a de très jolies, délicates et effilées, comme celles de Romaric. Elles s’ébauchent en éventail aux coins des paupières, elles approfondissent le regard et en augmentent l’expression. Elles témoignent d’une maturité délicieuse et convoitable. Et puis, il y a les autres, les rides aux nervures compliquées qui s’échappent dans tous les sens comme une vilaine toile d’araignée. Elles apparaissent pernicieusement sous l’œil tout entier en creusant le regard qui semble défraîchi, fatigué et vieilli. Elles trahissent tous les excès et les nuits sans sommeil. Difficile de s’expliquer pourquoi il existe ainsi des assauts de l’âge enviables et d’autres à fuir coûte que coûte. Le principal problème étant de ne pas savoir à l’avance comment le temps va vous tomber dessus. Beauté détruite ou charme grandissant ?

Luc arborait souvent une mine renfrognée avec des yeux bleus qui rappelaient une mer déchaînée par on ne sait trop quel cyclone alors que Romaric affichait en permanence un sourire engageant et un regard apaisant évoquant inversement l’accalmie après la tempête. Mystère de la génétique. Frères de sang foncièrement différents, physiquement et moralement.

Romaric était aussi très posé, sa voix était grave et toujours assurée. Luc semblait branché en permanence sur 220 volts. Il était fougueux, impétueux et sans cesse pressé pour tout. Toujours habillé de noir sans raffinement particulier, il ne se souciait guère de l’image qu’il renvoyait. Romaric était invariablement vêtu avec beaucoup d’élégance et ses gestes calmes inspiraient la tranquillité du pachyderme. Différemment de Luc qui démarrait toujours au quart de tour et qui s’enflammait pour un oui ou un non, Romaric savait se contrôler face à de nombreuses situations. Il ne s’énervait que très rarement et analysait les teneurs d’un problème avant de réagir avec un dogmatisme excessif. Il était notamment très patient, il savait attendre longtemps, très longtemps et prônait souvent une de ses devises préférées : « tout vient à point à qui sait attendre ».

Cependant aujourd’hui, dans sa blouse blanche ouverte sur son costume gris clair, il arpentait son bureau d’une démarche un peu saccadée et sa voix montait dans des aigus totalement inhabituels en s’adressant à son assistant, le docteur Bouchin.



- Nom d’une pipe, j’avais pourtant demandé à ce que l’on soit vigilant ! C’est inadmissible, totalement inadmissible pour du personnel soignant d’avoir commis une telle négligence !



- Je .. je ne comprends pas, bafouilla Bouchin en secouant la tête.



- Je veux savoir Bouchin, trouvez-moi le responsable de cette innommable bavure !



Le docteur Bouchin, âgé de 43 ans, était un homme petit au physique relativement insignifiant. Visage rond, nez aquilin, lèvres épaisses, lunettes à monture de nacre, petits yeux marron assez inexpressifs. Il avait une calvitie bien avancée. Cependant, ses sourcils étaient demeurés épais et broussailleux et quelques poils noirs et drus sortaient vilainement de ses narines et de ses oreilles. Là encore, bizarrerie de la nature, pourquoi nous retire-t-elle les poils auxquels on tient et qu’elle nous laisse ceux qu’il vaudrait mieux voir disparaître ?

Jean-Claude Bouchin n’avait jamais été un battant. Il se retranchait souvent dans cette espèce de lâcheté qui a l’incontestable avantage d’offrir la solution de facilité. Parfois, il pouvait aussi se comporter en victime même lorsque aucune donnée ne le justifiait. Il était toujours flottant et indécis et aujourd’hui son embarras évident accentuait ce côté pusillanime. Ces traits de caractère étaient assez incompatibles avec le métier qu’il exerçait.



- C’est très difficile, répliqua-t-il avec réserve, il y a eu l’aide-soignante, l’infirmière, moi-même qui sommes allés dans sa chambre et je crois savoir aussi l’homme d’entretien pour changer l’ampoule du plafonnier.



- Qui y est allé en dernier ? Qui a omis de verrouiller la porte en sortant ? s’énerva Romaric.



- Je … je ne sais pas, on pourrait supposer Alice, l’infirmière, mais elle assure avoir refermé la porte après ses derniers soins de 19 heures. L’aide soignante a récupéré le plateau repas avant, vers 18 heures 30. Elle dit qu’il semblait aller bien puisque pour une fois, il avait tout mangé. Quant à moi, je ne suis pas retourné le voir après cette heure-là.



Bouchin était visiblement très mal à l’aise. Il se dandinait d’un pied sur l’autre et tordait ses mains poilues dans des contorsions de surexcitation. Il était agité, très agité. Cette troisième bavure durant les dix mois d’activité de la clinique risquait de lui coûter sa place. Romaric était un chef bienveillant sur bien des plans mais intransigeant sur les règles et les instructions qu’il mettait journellement en place pour le bien des malades. Il pouvait faire preuve d’une patience exemplaire, comprendre et justifier beaucoup de choses et beaucoup d’actes à priori insensés, mais certainement pas la négligence et l’incompétence professionnelle, surtout lorsque la vie d’un patient était en jeu.



- Bouchin ! s’exclama-t-il des flammes de colère dans les yeux, il me semble que la première fois, c’était Audrey l’infirmière de garde, la deuxième fois Catherine et aujourd’hui Alice, mais les trois fois, c’était vous le médecin de garde. A quelle heure avez-vous quitté l’établissement ?



- A vingt deux heures, bredouilla l’assistant dans un soupir.



- Et compte tenu des problèmes qui se sont déjà produits, il ne vous est même pas venu à l’idée de vérifier le verrouillage des chambres. Il n’y a pourtant pas tant de patients que ça, en situation si critique qu’ils doivent être enfermés ! Cinq Bouchin, seulement cinq en ce moment, c’est trop vous demander que de contrôler cinq portes avant de partir !



Ce n’était pas trop, Bouchin le savait bien. Une petite ronde d’une dizaine de minutes pour éviter de graves problèmes, cela semblait si insignifiant qu’il ne trouva rien à répondre à son supérieur. Bêtement, il s’était contenté de demander à Alice si elle avait bien fermé les portes à clé et il n’avait pas cherché plus loin. Il était parti, pressé de se retrouver chez lui devant une bière fraîche. Enfin, devant la première, car Bouchin ne s’arrêtait jamais à cette dose homéopathique. Et maintenant, Valet avait disparu. On pouvait craindre le pire. Dans un état dépressif avancé, il n’avait qu’une idée en tête : le suicide. Il avait dû partir seul dans la nuit, errer dans les bois avoisinants durant plusieurs heures et trouver enfin le moyen de mettre fin à des jours de néant qu’il ne voulait plus voir s’étirer devant lui sans espoir. Face au silence du docteur Bouchin, Romaric reprit de plus belle en continuant d’arpenter son bureau de long en large :



- Evidemment, vous n’avez rien à dire, parce qu’il n’y a tout simplement rien à dire devant un tel laxisme ! Vous savez bien à quel point ce malade est fragile, sa vie est entre nos mains ! Les deux premiers ne vous ont pas suffit, on va avoir un suicide de plus à notre escient !



- Voyons, voyons, ne mettons pas la charrue devant les bœufs Romaric, rien n’est encore certain. On va peut-être le retrouver sain et sauf.



- Peut-être, peut-être, j’admire votre optimisme docteur Bouchin !



Romaric paraissait si énervé qu’il en désarçonnait son assistant. Jamais il ne se souvenait l’avoir vu dans cet état. Cette troisième fois était de trop. Et le pire était qu’il le comprenait. Le docteur Bouchin avait une admiration sans borne pour son chef de clinique. Un homme bon, loyal, passionné, prêt à donner tant de sa personne pour le bonheur des autres. Il s’était assigné la mission de guérir les âmes malheureuses et déstabilisées et il l’accomplissait sans limite. Il faisait preuve d’une dévotion remarquable, enviable et si rare de nos jours. Bouchin sentait une sueur froide mouiller le col de sa chemise. Il se sentait honteux et misérable. Il n’aimait pas quand son chef l’appelait Bouchin, habituellement il disait Jean-Claude. Et par-dessus tout, le docteur Bouchin ne voulait pas décevoir Romaric Duneton. Il avait tant fait pour lui. Il avait été le seul à le croire, le seul à témoigner en sa faveur, le seul à lui donner une seconde chance quand il avait été accusé de faute professionnelle dans l’ancien établissement où il exerçait. Que serait-il aujourd’hui sans Romaric ? Un homme paumé, déjà largué par sa femme et en plus rayé par le conseil de l’ordre des médecins. Il aurait sombré dans l’alcoolisme probablement. Un penchant contre lequel il devait bien souvent lutter quand les circonstances de la vie s’éloignaient douloureusement de ses idéaux. L’idée de décevoir la confiance que Romaric Duneton lui témoignait était à la limite du supportable et que pouvait-il faire ? Le mal était fait maintenant : Valet s’était envolé, perdu quelque part dans la nature et peut-être … et peut-être, oh non pensa Bouchin dans un élan de panique. Mais pourtant si, à l’heure qu’il était, Valet avait peut-être réussi à mettre fin à ses jours. Le pauvre homme était tellement obsédé par cette pensée et sans la sécurité de sa chambre, particulièrement étudiée pour que rien ne puisse lui être utile pour mettre son ténébreux forfait à exécution, on pouvait tout imaginer. Une pendaison dans un arbre avec son pantalon de pyjama, une noyade dans un bassin à poissons rouges, une chute mortelle dans les forêts rocailleuses de Fontainebleau … il avait aussi pu se jeter sous un camion sur la nationale ou par-dessus le pont de l’autoroute qui ne se trouvait qu’à environ 5 kilomètres de la clinique. Oui, dehors c’était tellement facile de trouver l’idée fatale. Mais Bouchin refusait de le croire réellement. Non, non, et non, se répéta-t-il. On allait retrouver Valet sain et sauf, peut-être un peu amoché mais sans plus. Le docteur s’accrochait à cette hypothèse avec force. Puis, il se rappela, une bien maigre consolation, mais tout de même : Valet n’avait aucune famille proche. Cet état de fait apaiserait sans doute la colère de Romaric. Jean-Claude Bouchin inspira profondément et adopta une voix rassurante.



- Je suis sûr qu’on va le retrouver sans trop de bobos et dans le pire des cas, nous n’aurons pas de poursuites. Valet est seul au monde.



Globalement, c’était mal connaître la passion de Romaric Duneton pour son métier et les âmes en détresse. Il explosa littéralement :



- Bouchin vous m’écœurez ! Ca veut dire quoi ? Que votre conscience professionnelle s’arrête à la gestion des poursuites ! Justement, il était seul au monde, justement c’était son problème et justement, je m’étais promis de lui apprendre à vivre avec ces terribles contraintes ! Si encore vous aviez pensé en déblatérant ce type d’argument : « bon au moins pas de souffrance au niveau de la famille ! ». Mais non ! Tout ce qui vous intéresse, c’est de vous retrancher derrière une espèce de sécurité égoïste et lamentable !



Bouchin comprit son erreur mais un peu tard. Romaric était intègre. En ce moment, peu lui importaient les plaintes éventuelles, seul comptait le destin de son patient. Il s’était promis de l’aider à donner un sens à son existence et sa disparition mettait en péril cette réussite à laquelle il avait tant cru et pour laquelle il avait tant donné. Bouchin était doté d’un esprit beaucoup plus pragmatique et il n’aurait pas dû parler si vite, si à la légère. Il n’avait bien sûr jamais avoué à Romaric que sa position de simple généraliste ne l’avait jamais totalement engagé dans les problèmes psychiatriques. Il n’aurait jamais pensé à une telle spécialité auparavant. Soigner une plaie ouverte, une douleur articulaire, une violente migraine, pas de problème mais discuter des heures avec des patients de leur hypothétique malaise cérébral, les faire allonger sur un canapé, aller fouiller dans une enfance perturbée, répondre à une question par une autre question, tenter d’expliquer l’inexplicable, jouer les gardiens de prison en vérifiant le verrouillage des chambres, non. Ce n’était pas sa vocation. Etait-ce réellement de la médecine d’ailleurs ? Souvent il en doutait terriblement tout en se disant que son chef ne devait jamais avoir le moindre soupçon sur les questions qu’il se posait à ce sujet, ni sur la triste réalité qui faisait qu’il avait accepté ce poste à ses côtés par obligation. Après ce qui s’était passé, il n’aurait jamais rien retrouvé. Prescrire un anti-arythmique interdit aux moins de 15 ans à un gosse de 10 ans, ça ne pardonne pas. Les parents avaient porté plainte. D’accord, l’enfant s’en était sorti sans séquelle mais de justesse et au bout de combien de temps ? Seul Romaric avec sa passion de décortiquer les faiblesses de l’esprit humain avait pu plaider un état de surmenage et une dépression passagère chez le docteur Bouchin due au départ de sa femme. Dépression qui justifiait cette erreur isolée, regrettée et non renouvelable dans sa carrière. Pour Romaric, il n’avait pas été question d’une faute professionnelle mais d’un passage à blanc comme tout être humain peut en traverser. Jean-Claude Bouchin sortait d’une garde de 24 heures d’affilée et la veille, sa femme avait fait ses valises. On ne pouvait vraiment pas parler de négligence dans un cas pareil. Romaric trouvait toujours une explication aux failles de l’esprit humain. Parfois, c’était même incroyable. Il allait jusqu’à défendre des fous furieux, dangereux et criminels en affirmant qu’ils étaient peut-être coupables de leurs actes mais certainement pas responsables. Jean Claude Bouchin manquait trop de subtilité pour faire la différence. Un coupable reconnu était automatiquement responsable. Pourtant l’interprétation de Romaric dans son cas personnel l’avait bien arrangé et lui avait permis de le tirer d’affaire. Le docteur Romaric Duneton était même capable d’aller rendre visite à des prisonniers qui ne lui avaient rien demandé du tout. Mais il y allait, persuadé de pouvoir apporter son aide à des malades qui bien souvent n’en valaient pas le coup et qui, aux yeux de Bouchin méritaient plutôt qu’on réinstaure la peine de mort. Cette foi, cette ferveur, cette croyance, cette volonté pour proposer son concours spontané malgré un agenda toujours surchargé, ce don magique pour alléger la responsabilité de l’être humain, c’était ce que Bouchin ne possédait pas et ce qu’il ne savait pas faire mais, c’était aussi ce qu’il admirait le plus chez Romaric. Admirable en effet de toujours pouvoir trouver une excuse quelque soit le comportement. L’excuse génère le pardon.

Mais alors, se demanda-t-il soudainement, pourquoi le rendait-il à ce point responsable aujourd’hui ? Pourquoi ne lui trouvait-il pas cette excuse qu’il trouvait toujours ? Simplement, parce que c’était la troisième bavure en peu de temps et que rien ne pouvait légitimer toute cette négligence à répétition. C’était angoissant d’y penser. Bouchin réfléchissait. Il tira nerveusement sur son nœud de cravate. Peut-être devrait-il se trouver des circonstances psychologiques ? Peut-être ne devrait-il pas montrer qu’il allait bien à présent ? Peut-être devrait-il parler à son chef de son penchant pour la bouteille ? Romaric ne considérait pas ce phénomène comme un vice mais comme une mauvaise thérapie à la détresse. Oui, une nouvelle fois, il devrait peut-être titiller la corde sensible de Romaric Duneton car il n’avait aucune excuse concrète à la fugue de Valet. Et il devait conserver sa place coûte que coûte. Il n’avait pas les moyens financiers de s’installer à son compte actuellement. Quant à trouver un autre poste, c’était toujours impossible. Son erreur de prescription était encore trop fraîche dans les esprits et sur son dossier et bon, le salaire qu’il percevait ici était plutôt alléchant. L’idée que Romaric puisse tout à coup ne plus trouver d’excuses à ses carences professionnelles ou qu’il puisse regretter la foi qu’il avait mise en lui quelques mois plus tôt lui glaça le sang.






& C H A P I T R E Œ






Maguy fouilla le ciel d’un œil inquiet en poussant le landau de Sébastien sur le trottoir. Le beau soleil printanier jouait à cache-cache derrière de gros nuages noirs. Il allait pleuvoir d’un instant à l’autre, c’était certain. Elle n’avait pas long à parcourir et elle espérait regagner sa maison avant la pluie si menaçante. Il était 16 heures 45. Sa visite chez Angèle s’était prolongée bien au-delà de ses prévisions car son déroulement s’était révélé, lui aussi, bien au-delà de ses prévisions. Les quelques doutes qu’elle avait eus avant de pénétrer l’antre de cette femme attachante et mystérieuse n’étaient pas à la hauteur de la réalité. C’était bien pire encore. Il y flottait un parfum malsain dont les essences étaient gardées soigneusement secrètes. Oui, quelque chose ne tournait pas rond du tout dans cette maison. Tout comme Angèle ne tournait pas rond non plus. Après la triste découverte du portrait de Jérémy bafoué et saccagé, Angèle avait pleuré toutes les larmes de son corps. Luc n’avait pas réapparu. Maguy avait fait de son mieux pour se ressaisir et pour consoler la jeune femme désemparée et blessée. Puis elle avait essayé d’obtenir quelques renseignements pour comprendre mais, Angèle n’avait presque rien dit. Jérémy était en pré crise d’adolescence. Il était actuellement très difficile. Il se rebellait contre elle, contre son autorité, contre son amour. Il faisait volontairement l’inverse de ses désirs ou de ses conseils. C’était dur à assumer. Mais, il n’y avait rien de plus. Maguy avait parlé longuement de l’adolescence. Elle avait tenté de rassurer Angèle, « c’est toujours passager, ça ne dure pas, bientôt tout s’arrangera ». Elle avait aussi cité en exemple les nièces de Vincent, et il en avait beaucoup avec ses six frères, qui avaient traversé orageusement cette période difficile au désespoir de leurs parents impuissants. Aujourd’hui, elles étaient toutes des jeunes filles adorables. Oui, Maguy avait tenté de tranquilliser Angèle sur la question cependant, elle n’avait cessé de douter du bien fondé de l’explication d’Angèle. La crise d’adolescence de Jérémy n’était qu’un prétexte pour masquer un autre problème beaucoup plus grave qui étouffait l’atmosphère du foyer et des âmes qui y vivaient. La pré crise d’adolescence de Jérémy ne pouvait pas justifier les regards apeurés d’Angèle sur le téléphone, ses moments d’hébétude inquiétants, l’interdiction aux étrangers de franchir le seuil de la maison, l’incompatibilité du décor avec la maîtresse des lieux, ses mensonges évidents sur sa vie passée, l’acrimonie du beau-frère ….. Angèle était aussi restée presque muette quand Maguy avait tenté de lancer la conversation sur Luc Duneton et sur le pourquoi de sa réflexion au sujet des invités interdits de séjour dans la maison.



- Oh Luc ! C’est un impulsif qui râle tout le temps. Il est très amer par rapport à son échec professionnel et malgré tout ce que Romaric fait pour lui, il est jaloux de lui. Il envie sa vie et sa réussite familiale et professionnelle. Ce n’est pas gentil. Romaric mérite ce qu’il a obtenu, il a toujours travaillé dur et c’est un homme aux qualités humaines incomparables.



Une preuve supplémentaire de l’admiration d’Angèle pour son mari. Ce n’était pas là que le bât blessait. Non, il blessait au niveau de Luc et de Jérémy et surtout au niveau des rapports qu’Angèle entretenait avec eux. On sentait la tension, l’aigreur, même la rancœur et le désespoir. Mais pourquoi ? Qu’est ce qui pouvait conduire une famille à en arriver là ? Un problème d’héritage entre les frères ? Mais qu’est ce que Jérémy aurait à voir dans de telles histoires ? Et si les deux frères ne s’entendaient pas et ne s’appréciaient pas, l’aîné n’aurait pas récupéré le cadet sous son propre toit, tous frais payés ! Ou, il s’agissait peut-être de plusieurs problèmes qui conduisaient à un amalgame douloureux et ingérable ? Maguy ne cessait de se triturer la cervelle pour y voir un peu plus clair mais la situation lui paraissait lamentablement obscure. D’accord, elle n’avait pas à mettre son nez dans les affaires de ses voisins. Elle n’avait pas envie de ressembler aux villageois d’ici et la désagréable impression qu’elle en prenait tout droit le chemin la tenaillait. Elle essayait inlassablement de se répéter « ce n’est pas ton problème » cependant, une petite voix lui soufflait à l’oreille qu’elle ne pouvait pas rester insensible au mal être d’Angèle. Ce n’était pas de la curiosité mais de la compassion. Ce n’était pas savoir pour aller jaser chez Pierre, Paul ou Jacques mais savoir pour aider cette jeune femme qui semblait si seule et si fragile. Les pensées de Maguy se chahutèrent encore quelques instants puis, elle prit sa décision. Elle devait trouver, elle devait comprendre les problèmes sinon elle serait incapable de faire quoi que ce soit pour sortir Angèle du pétrin morbide dans lequel elle s’enlisait. A chaque fois, c’était de pire en pire, de plus en plus incompréhensible, de plus en plus choquant. Maguy percevait toujours cette douleur silencieuse et cet appel au secours muet chez la jeune femme. Elle ressemblait presque à une morte vivante. C’était comme si elle était là sans y être, comme si elle cheminait difficilement non pas dans le décor, mais à côté du décor, comme si elle contrôlait en permanence ses paroles et ses réponses, comme si elle craignait constamment quelque chose, comme si elle vivait sans vivre. Maguy ne pouvait pas rester indifférente. S’il arrivait n’importe quel malheur dans cette maison, elle ne se le pardonnerait jamais. Et ce malheur présumé n’était pas juste hypothétique, il planait sournoisement dans l’air prêt à exploser et à détruire à tout moment. Maguy en avait maintenant la conviction profonde. Elle avait toujours été très intuitive et son intuition ne l’avait pratiquement jamais trompée. Restée impassible face à cette situation au nom de la discrétion signifiait se réfugier lâchement dans l’égoïsme, dans une sorte d’individualisme inenvisageable. En plus de sa nature intuitive, Maguy était aussi généreuse et altruiste. Si elle ne faisait rien, elle allait à l’antithèse de ses émotions et de ses sentiments et ça, c’était définitivement impossible. C’est pourquoi, lorsqu’elle aperçut le petit Jérémy qui suçait nonchalamment son roudoudou sur le trottoir, elle ne put s’empêcher d’aller vers lui. Elle adopta un ton qui se voulait enjoué et détaché mais l’expression soucieuse du petit garçon lui comprima les entrailles.



- Salut Jérémy, comment vas-tu ?



L’enfant leva la tête vers elle. Son regard était triste et son sourire pitoyable. Il paraissait fragile dans son jogging en polyamide vert, trop léger pour la saison et un peu trop grand pour lui. Angèle avait raconté à Maguy : « la taille 12 ans est largement suffisante pour Jérémy mais il veut toujours du 14 ans ».



- Bonjour Madame Maguy, répondit-il timidement en continuant son chemin.



- Maguy, ça suffit tu sais.



- D’accord, bredouilla-t-il en passant à sa hauteur.



Maguy ne voulait pas interrompre si vite cette rencontre. Tout ce qu’elle ne parvenait à comprendre s’éclairerait, peut-être, un peu en discutant avec Jérémy. Elle détailla sa petite silhouette frêle, ses cheveux blonds d’enfant, son teint laiteux, son regard candide et mélancolique. Comment imaginer qu’il était déjà en crise d’adolescence ? Aucun signe extérieur ne pouvait le laisser supposer, pas même un tout petit bouton d’acné. Il ressemblait plus à un petit garçon déboussolé, qu’on a envie de choyer et de protéger, qu’à un jeune révolté en début de puberté. Maguy ressentit un sentiment compassionnel lui serrer le cœur. Elle dut réprimer l’élan qui la poussait à avoir envie de prendre l’enfant dans ses bras et de caresser doucement ses cheveux d’ange en murmurant des paroles rassurantes. Il la prendrait pour une folle, c’était tout ce qu’elle pouvait espérer en réagissant ainsi. Elle ne le connaissait pas suffisamment pour s’autoriser une telle manifestation de tendresse. Pourtant, l’égarement et la lassitude de l’enfant lui avaient bel et bien inspiré ces sentiments. L’idée qu’elle devait faire quelque chose s’intensifia en elle. Mais comme avec la mère de l’enfant, elle ne savait pas trop comment s’y prendre. L’entrevue avait été de surcroît soudaine et inopinée ce qui n’avait pas laissé le temps à Maguy de réfléchir à une tactique d’approche. Il ne fallait ni brusquer Jérémy, ni l’embêter, ni lui apparaître comme une voisine trop curieuse qui ne cherche qu’à lui soutirer des renseignements sur sa famille. Il ne devait pas aimer en parler, pas du tout même. Il fallait plutôt gagner sa confiance, ouvrir le dialogue. L’enfant lui tournait désormais le dos.



- Jérémy ! appela-t-elle doucement.



Il se retourna les yeux à la fois interrogateurs et étonnés.



- Tu as passé une bonne journée à l’école ? demanda-t-elle avec douceur.



Il hocha la tête affirmativement.



- Tu aimes l’école ?



Il reproduisit la même réponse muette. Ce n’était pas gagné pour engager une discussion.



- Je sors de ta maison. J’ai passé la journée avec ta maman.



D’instinct, Maguy savait qu’orienter la conversation sur sa mère n’était pas la meilleure méthode pour gagner la confiance de l’enfant. C’était loin d’être subtile. Mais elle était tentée d’observer la réaction de Jérémy. Il ne desserra toujours pas les dents et ne fit, cette fois-ci, aucun geste qui puisse révéler ses pensées.



- Et tu sais quoi ? poursuivit Maguy en souriant. Nous t’avons préparé une surprise pour le goûter.



Jérémy eut un mouvement de tête assez brusque et son front se barra de contrariété.



- Je déteste les surprises ! ragea-t-il.



Et il s’éloigna en courant, laissant Maguy totalement désarçonnée. Elle se reprocha de ne pas avoir trouvé les mots. Amener la discussion sur la mère de l’enfant était d’emblée risqué et elle le savait mais parler d’une surprise, était à priori une bonne idée. Juste à priori, car l’effet avait été déplorable, inattendu, surprenant, désastreux même. Pourtant, Angèle avait paru si contente quand Maguy lui avait proposé, pour se changer les idées après le douloureux incident du tableau, de préparer un clafoutis aux pommes pour son fils. Juste après avoir consolé un peu la jeune femme, Maguy avait manifesté le désir de rentrer chez elle, toutefois, devant la supplication d’Angèle de ne pas la laisser seule, elle avait cédé et trouvé cette idée toute simple pour l’aider à penser à autre chose. Mal à l’aise, la jeune femme avait avoué ne pas savoir cuisiner et ne jamais avoir touché à un four, sauf une fois avant, bien avant. Puis elle s’était hâtivement justifiée sans que Maguy ne le demande.



- Mes activités professionnelles ne me l’ont jamais permis et je dois dire que ça ne m’intéressait pas du tout. Maintenant que je suis mère au foyer, il faudrait que je m’y mette. Je veux bien essayer d’apprendre mais tu as à faire à une parfaite novice. Je ne suis pas sûre de pouvoir réussir à réaliser quoique ce soit.



Et une fois de plus, Maguy l’avait rassurée.



- Ne t’inquiète pas, le clafoutis c’est le béaba de la pâtisserie ! Un verre de farine, un verre de lait, un verre de sucre, deux œufs, une cuillère de crème fraîche. On mélange tout et on met dans un moule à four beurré puis on dispose les pommes dessus et on fait cuire. Tu vois, tout le monde peut y arriver !



Angèle avait battu la pâte avec plaisir et comme à son habitude, elle avait manifesté un enthousiasme démesuré en regardant le gâteau dorer dans le four qu’elle avait réussi à maîtriser sur les conseils de Maguy. Toutes les positions lui avaient paru extrêmement compliquées. Il faut dire que le modèle de four des Duneton n’était pas des plus simples à utiliser avec ses innombrables boutons électroniques.



- Tu te contentes de la plus simple, juste une position ça suffit pour l’instant : chaleur tournante, thermostat 7. Ca marche pour un tas de plats et de gâteaux.



Durant ce moment, Angèle s’était visiblement détendue et Maguy s’était trouvée rassérénée. Mais à présent, elle était de nouveau envahie par ce sentiment d’inquiétude. Contrairement à ce qu’elle avait espéré, Jérémy n’aurait pas une bonne réaction en rentrant et en découvrant la surprise de sa mère. L’épreuve serait difficile pour les nerfs fragilisés d’Angèle. Elle avait mis du cœur à l’ouvrage et ses efforts et son enthousiasme à vouloir faire plaisir à son fils ne seraient pas récompensés. Pas la peine d’être devin pour le deviner. Maguy fut tentée de courir derrière le jeune garçon pour essayer de le calmer avant son entrevue avec sa mère. Mais comment s’y prendre ? Que lui dire pour l’apaiser ? Comment ne pas faire sans le savoir une gaffe qui empirera la situation plutôt qu’elle ne l’améliorera ? Et, l’averse menaçait. Dans quelques secondes, elle risquait de s’abattre avec violence sur le landau de Sébastien. En sortant de chez Angèle, Maguy s’était félicitée de sa prévoyance pour son fils. Elle glissait toujours quelques changes complets dans la nacelle du bébé et aujourd’hui, cette précaution s’était avérée très utile. Le rôle d’une maman était de toujours agir avec anticipation et à présent, elle devait également s’y conformer. Elle ne pouvait prendre le risque que son bébé se trouve trempé par une pluie froide et cinglante. Ce fut, cependant, le cœur déchiré qu’elle abandonna toute tentative pour rattraper Jérémy. Elle se hâta au pas de course pour aller mettre son enfant à l’abri.

Quelques mètres plus loin, Jérémy lui, ne semblait pas perturbé par l’averse menaçante. Il avait couru très vite durant quelques secondes puis avait ralenti son allure en adoptant de nouveau son pas traînant. Un pas qui témoignait de sa tristesse et de sa réticence à rentrer chez lui. Il jeta le coquillage de son roudoudou dans une poubelle qui se trouvait là et repensa à la réaction excessive qu’il venait d’avoir. Cette dame était gentille. Ce n’était pas bien de réagir comme il l’avait fait. Mais ça avait été plus fort que lui. Le mot « surprise » déclenchait toujours chez lui un remous de confusion et d’angoisse. « J’ai une bonne surprise pour toi Jérémy, ta maman est guérie », « J’ai une bonne surprise pour toi Jérémy, je suis ton nouveau papa », « j’ai une bonne surprise pour toi Jérémy, on va vendre la maison de grand-père et avoir la nôtre à nous » ……Oui pour Jérémy, les bonnes surprises avaient toujours les allures de véritables calvaires. Les adultes pouvaient se les garder leurs bonnes surprises. Il n’en voulait plus, plus jamais. Pourtant, il regrettait son comportement avec Maguy. Elle n’y était pour rien, elle ne pouvait pas savoir et, elle était gentille. Ca se lisait sur son visage. Comme il avait de la chance son bébé. C’était bête, mais, autant Jérémy luttait pour sa position d’adolescent, autant par moment, il aurait voulu être de nouveau un petit bébé dans un landau avec une maman aimante et attentive, une maman qui n’aurait jamais fait de mal à ceux qu’il aimait tant, papa et grand-père. Tout espoir de bonheur pourrait alors être permis. Le cœur gros, des sanglots dans la gorge, il avançait doucement, tiraillé entre les reproches qu’il se faisait et la douleur qui le minait. Il avait trop mal en pensant à tout cela. Il fallait qu’il arrête un peu, qu’il se force à penser à autre chose. Il soupira et releva la tête comme à la recherche d’un sujet pour occuper ses pensées autrement, autrement qu’avec tous ces remords, tous ces regrets, tout le vain bonheur dont il rêvait. Son regard s’attarda alors sur une fille en bicyclette. Le visage rougi, elle pédalait en danseuse avec peine. Son gros postérieur flasque se mouvait mollement. Jérémy pouvait entendre son souffle rauque. « Que cette fille est moche et comme elle paraît bête » pensa-t-il. Il ne savait que trop que de jolis traits ne cachent pas toujours une belle âme. Sa mère en était l’incontestable exemple. Il avait pu vérifier aussi l’inverse dans sa jeune vie. Certains visages vilains peuvent dissimuler une nature bonne et généreuse. Jérémy avait eu une institutrice comme ça, il s’en rappelait souvent. Mais cette fille, cette grosse fille en vélo, elle n’avait rien des deux, ni la beauté, ni la bonté. Il savait qu’elle s’appelait Melissa. Elle travaillait à la mairie et celle-ci fermant à la même heure que l’école, il croisait souvent la jeune fille à cette heure-là lorsqu’elle rentrait chez elle. Il l’avait souvent entendu vociférer des injures ou des méchancetés en parlant avec des gens. Elle critiquait tout le monde et semblait vouloir se mêler de la vie de tout le monde. C’était d’ailleurs un peu la mentalité de tous les anciens villageois ici. Il la détailla machinalement alors qu’elle s’éloignait en pédalant péniblement et ses pensées revinrent vers ce Dieu, ce Dieu qui n’était pas bon. Encore une preuve évidente de son pouvoir inique. Dieu créait les humains. Pourquoi donc accomplir des horreurs quand on est capable de réaliser de vrais chefs d’œuvre ? Oui pourquoi donc si ce n’était pour emmerder le monde et pour diviser pour mieux régner ? Décidément ce Dieu avait de bien curieuses notions de la souveraineté.











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Corynn
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mar 3 Aoû - 13:12

J'aime beaucoup ta plume, Perle Anne ! Elle est fluide, agréable, et on s'y laisse prendre avec beaucoup de facilité.

Bravo à toi et longue vie à "La maison d'à côté" ! cheers
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Babou
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mar 3 Aoû - 14:15

Je confirme ce que dit Corynn : fluide et agréable à lire !!! Very Happy
Bonne chance pour la suite !!! cheers
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perle anne
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MessageSujet: Votre retour   Mar 3 Aoû - 20:21

Merci les filles vous êtes hyper rapides ! Vos commentaires me rassurent car souvent je doute de moi ! Je ne sais pas si c'est normal. Et ils me font plaisir car il ne suffit pas d'avoir un joli nom hein ? Mieux vaut la plume qui va avec ! J'ai lu les petites histoires de Babou, super sympa et bien racontées. Tu vas pouvoir faire un livre complet avec toutes les anecdotes de tes enfants !
Bisous
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Jeff
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mar 3 Aoû - 22:20

J'ai aimé les extraits de tes romans, surtout "La maison d'à côté".

On se figure très bien l'action.

Continue comme ça !

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perle anne
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mer 4 Aoû - 11:08

Merci Jeff, c'est encourageant ! Et qu'en est-il de la carte impossible ? Cherches-tu un autre éditeur que la lampe de chevet ? J'ai essayé d'avoir des extraits dans la rubrique édition sans succès mais j'ai lu les bonnes critiques que tu as reçues. Je commence tout juste à apprivoiser les subtilités du site mais je navigue encore très mal !!
A plus
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Corynn
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mer 4 Aoû - 13:19

Tu sais Perle-Anne, je me rends compte que la plupart d'entre nous avons douté de notre plume au début.

Ce qui m'a rassurée sur la mienne, ce sont les concours littéraires. Tu en gagnes un, puis deux, et puis trois, et là, tu te dis que ça vaut le coup de travailler encore en encore parce qu'il y a quelque chose qui a émergé dans ton style et qui plaît lors des concours.

Ce que j'aime dans la plume, c'est qu'on atteint jamais la perfection et donc, on peut toujours découvrir et travailler de nouvelles formes d'écriture, progresser, partager, apprendre aux autres, apprendre des autres. Je me souviens à mes débuts, j'étais capable du meilleur comme du pire. Toujours maintenant, je peux vraiment écrire un truc plus bateau que ça tu meures, et je peux écrire des mots qui vont t'arracher des larmes (de rire ou d'émotion).

Alors je te conseille vraiment de faire des concours littéraires. Ça t'aidera à prendre confiance en toi, et en plus, c'est hyper super sympa d'y participer, qu'on gagne ou pas. Very Happy De toute façon, on est toujours gagnant puisqu'on gagne toujours le plaisir d'écrire et de participer cheers
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Corynn
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mer 4 Aoû - 13:30

Au fait Perle Anne, dans la rubrique "Jeux et détente", il y a un topic qui s'appelle "Le blabla infernal". C'est le coin où nous passons systématiquement pour nous dire "bonjour". Rejoins-nous là, ça sera sympa cheers
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perle anne
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mer 4 Aoû - 15:13

Merci Jeff pour tes conseils. J'ai déjà cherché comment participer à des concours littéraires en écrits policiers et pour tous ceux que j'ai trouvés, il fallait que le bouquin soit édité sous forme de livre, ce que je n'ai pas encore... J'ai participé au prix concours du quai des orfèvres en 2008 avec "Inexorablement" car c'est sous forme de manuscrit. Je ne sais pas si tu connais. Le lauréat voit son livre éditer aux éditions Fayard à 50.000 exemplaires. Je suis arrivée deuxième mais ça ne me donnait rien du tout sauf de l'encouragement bien sûr. Surtout que le président du concours m'a téléphoné pour me complimenter sur mon roman : "un texte d'une grande qualité et une histoire qui tient en haleine jusqu'à la dernière page" et il a ajouté : " il aurait sans doute été le premier si votre commissaire du quai des orfèvres n'était pas aussi nul et votre inspecteur du commissariat du 16ème aussi bon..." Tu vois, ce n'était pas très malin de ma part mais prise dans l'application et les efforts pour sortir un bon texte, je n'ai même pas réalisé que mon manuscrit n'était pas valorisant du tout pour le quai .... Je suis donc tout à fait d'accord avec toi que même si on ne gagne pas, c'est une expérience enrichissante. Si tu as quelques tuyaux en littérature policière, je suis preneuse. Et pour Corynn, avec plaisir, je vais me lancer dans la navigation sur le site pour trouver le blablabla !! Bisous
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Babou
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Mer 4 Aoû - 15:42

2ème c'est déjà très bien, Perle Anne !!! cheers Bravo !!! cheers
Merci de t'être penchée sur mes humbles écrits !!! Very Happy
Si tu veux parler de "Y'a pas d'âge ..." j'en ai edité 7 exemplaires en auto-édition pour chacun des "acteurs" et pas plus : je veux bien partager cette histoire avec mes ami(e)s écrivain(e)s mais pas avec le reste du monde !!! lol! Décidemment, elle ne doute de rien cette Babou !!! lol!
Corynn est pleine de bons conseils : suis les !!! Wink
Nous t'attendons dans le bla-bla !!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Jeu 5 Aoû - 12:26

tu m'as fait sourire avec la remarque qu'a fait le président du jury !!!! il est vrai que le "36" c'est le summum de la police...!
donc cela veut dire que cet écrit est excellent.
Continue !!!
par contre je n'ai pas le temps, pour l'instant, de lire tes extraits, mais je te promets de le faire après le 15 aout.
Bises
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Corynn
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Jeu 5 Aoû - 13:07

Mais oui, Perle Anne, tout cela est bien encourageant !!! cheers

Petit conseil en passant, va jeter un oeil ici, tu trouveras de quoi t'amuser tout en affinant ta plume : http://www.bonnesnouvelles.net/lesconcoursdenouvelles.htm

C'est là que la majorité d'entre nous allons pour nos concours littéraires Very Happy
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perle anne
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Jeu 5 Aoû - 15:21

Vous êtes une véritable source de soutien et de renseignements ! Quel régal ! Je regarde ça de près Corynn.
JJ je vois que tu assures honorablement ton statut de retraité, je n'en connais pas un qui ne soit pas débordé !
A bientôt
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Marie C
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Dim 8 Aoû - 17:59

Bonjour Perle-Anne.

je ne passe pas souvent ici, normal : retraitée et débordée, mais je participe régulièrement au concours mensuel des nouvelles de la lampe.

Je peux te dire sans honte que je n'ai pas lu tes extraits. Ce ne sont plus des extraits mais vu la longueur c'est carrément le roman que nous as mis en lecture!

Alors justement parlons de la lecture!

Nous sommes quelques-uns à ne plus avoir nos yeux de 20 ans (encore que parfois ça ne veut rien dire) mais tu as copié- collé bien trop petit pour certains ou certaines d'entre nous! Rolling Eyes

je ne peux pas lire un truc si long écrit si petit ou alors i l faut que je l'imprime! Je préfère de beaucoup t'acheter ce roman dans le cadre de ton auto-édition! en bref ! ne t'en offense pas surtout.
On a l'habitude de tout se dire ici Very Happy
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perle anne
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Lun 9 Aoû - 12:11

Bonjour Eva, Claudy et Marie C,

Enchantee de faire votre connaissance et merci pour vos commentaires.

Vraiment désolée pour Claudy et Marie C. pour la grosseur des caractères, je ne voulais surtout pas mettre vos yeux à rude épreuve ! J'ai eu beaucoup de mal à maîtriser les manipulations et mon texte est en 12. Je n'ai aucune idée du pourquoi il apparaît si petit à l'écran ?? En nombre de pages, il y en a normalement une quinzaine par volume (sur respectivement 330 et 365 au total). Pour me rattraper, je peux vous adresser les extraits en PJ par mail si vous avez une adresse à me communiquer. Et merci à Marie C pour sa proposition d'achat quand le 1er volume sortira. Normalement décembre 2010.
Eva, j'ai cliqué sur tout !

Bonne journée à vous.
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MessageSujet: Re: Extrait "La maison d'à côté" Perle Anne suite 2 chapitres   Aujourd'hui à 8:56

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